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Depuis cette convention, plus de 250 Aires protégées ont été désignées comme “sites naturels du patrimoine mondial”, couvrant ensemble une superficie plus grande que l’Inde. Un tiers de ces sites se trouvent dans des territoires traditionnellement occupés par des peuples autochtones (IWGIA, 2014). D’après les témoignages que nous avons recueillis, non seulement des violations des droits humains avaient déjà lieu sur certains de ces sites au moment de leur inscription, mais ces abus ont souvent empiré par la suite. Les peuples autochtones sont expulsés. Labelliser comme “naturel” un territoire habité depuis des générations revient à effacer le rôle de ceux qui l’ont façonné, entretenu et protégé – et justifie leur expulsion pour préserver l’illusion d’une nature vierge, vide d’humains. Et leurs modes de vie, criminalisés. L’UNESCO ne se contente pas d’attribuer un label. Elle envoie des experts, émet des recommandations, produit des rapports. Ces rapports évoquent régulièrement des “menaces” pour le patrimoine considéré naturel : surpopulation, pâturage, activités humaines. Et ce langage a des conséquences politiques directes. Des gouvernements expulsent des communautés, restreignent l’agriculture ou interdisent le pâturage afin de conserver ou d’obtenir le label.
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